Edgard GUEDJ
Portrait d’un éducateur
Edgard Guedj, connu également sous son totem scout de Lynclair (Lynx Clairvoyant), est décédé le 24 octobre 2007 à l’âge de 85 ans. Grand animateur de la vie juive au Maroc puis en France, il fut le fondateur du Département éducatif de la jeunesse juive (DEJJ) et l’inspirateur des centres communautaires.
Né en 1922 à Sétif (Algérie), il crée en 1946, l’année de sa démobilisation, le premier groupe local des Éclaireurs israélites de France (EIF) à Oujda. En 1949, il crée le DEJJ au Maroc. En 1962, il présente au Fonds social juif unifié (FSJU) un programme qui sera la base des actions entreprises par la suite, au sein de la communauté juive française, afin d’accueillir les Juifs venus d’Afrique du Nord, et notamment les jeunes.
UN HOMME DE TERRAIN
Commissaire général des EIF entre 1963 et 1966, il est appelé au FSJU en 1969 pour diriger le Service de la jeunesse. En 1973 il est la cheville ouvrière du « sionisme communautaire », incarné en particulier par le groupe Aleh-DEJJ.
Engagé dans le domaine de l’éducation juive, « formelle » ou « informelle », il dirige à partir de 1982 le Fonds d’investissement pour l’éducation (FIPE), et crée en 1988 le Prix Tenoudji.
Ayant pris en 1990 sa retraite du FSJU, il poursuit son action militante avec la création de l’Union intercommunautaire et le lancement, en 2002, du programme « La Francophonie amie d’Israël ».
Parce qu’il fut avant tout un homme de terrain, Edgard Guedj a laissé peu d’écrits et bien des personnes ignorent aujourd’hui ce que fut son action. Pourtant, il joua un rôle déterminant non seulement dans l’accueil des Juifs venus d’Afrique du Nord mais dans la structuration de la communauté juive française telle que nous la connaissons, y compris son rapport à Israël et la place qui y est accordée à l’éducation juive. Si des centaines et probablement des milliers de personnes l’ont connu et ont été profondément marquées par sa personnalité, rares sont celles qui peuvent appréhender, dans son ensemble, son action au service du peuple juif.
Dans ce dossier, nous présentons l’itinéraire d’Edgard Guedj à partir d’un nombre nécessairement limité de témoignages — limité, car nombreux sont ceux qui auraient pu lui exprimer leur estime et de leur reconnaissance. Mais l’essentiel est dans la perception de ce parcours. Présentée même de manière brève et schématique, la personnalité de « Lynclair », c’est parler du judaïsme français tel qu’il s’est formé au cours de la dernière génération.
Le 7 septembre 2008, pour commémorer le premier anniversaire du décès d’Edgard Guedj, un hommage lui est rendu à la Synagogue de Boulogne (29, rue des Abondances, Boulogne-Billancourt).
L’Arche n° 604, Septembre 2008.