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LA CRÉATION DU DEJJ À PUTEAUX - Par Bella BEL - ANGE — La Saga
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LA CRÉATION DU DEJJ À PUTEAUX - Par Bella BEL - ANGE

👤 Simon BUSBIB 📍 Région parisienne 🏷️ Autres 🎗️ JAC 📅 1965

LA CRÉATION DU DEJJ À PUTEAUX

Par Bella BEL-ANGE

Je suis née à Tlemcen en Algérie, j'ai été à l'école communale où j'ai appris que nos ancêtres étaient les Gaulois. En 1962, comme beaucoup de nos coreligionnaires, nos parents ont dû choisir entre "la valise ou le cercueil". Le choix, bien que cruel, a été rapide et nous nous sommes retrouvés en France du jour au lendemain, avec une valise par personne.  

Après une courte période dans le sud de la France, où nous nous sommes attardés pour des raisons médicales, nous sommes montés à Paris où nous avions de la famille. La Communauté juive était en effervescence pour accueillir ces réfugiés qui arrivaient régulièrement en quantité non négligeable. C'était l'été, en pleine période de vacances, donc il n'y avait pas encore de structures scolaires pour les enfants. Mes sœurs et moi, avons été orientées vers le Centre Julien La Croix où le Rabbin Chouchena et son équipe de bienfaiteurs organisaient tous les jours des centres aérés. Nous nous déplacions en bus privé jusqu'au bois de Vincennes, où nous recevions un déjeuner et étions accompagnés de moniteurs qui nous organisaient des jeux et des activités. Par la suite j'ai appris que le DEJJ ainsi que d'autres organismes avaient pris part à ce projet de volontariat et d'intégration.

Mes parents ont cherché un nouveau toit pour y loger leur petite famille et c'est ainsi que nous sommes arrivés à Puteaux, une banlieue parisienne. 

Sur les conseils de mon oncle, nos parents nous ont inscrits dans une école Juive, l'école Moria, rue Pavée dans le Marais. Là aussi, nous avons été accueillis d'une manière remarquable et en plus des études, nous avions droit tous les jours à un repas chaud à la cantine de l'école. Nos parents n'avaient qu'à assurer le trajet.

Etant quotidiennement dans un environnement juif, nous n'avons pas ressenti le besoin de fréquenter des mouvements de jeunesse juifs. Bien que nous rencontrions pour la première fois le monde Ashkénaze, malgré les différences de traditions, nous nous sentions "en famille". Cela jusqu'à la guerre des 6 jours qui a fait vibrer en nous, une corde dont nous ignorions l'existence : le sionisme.

Sous l'influence d'un des élèves de mon école qui fréquentait un mouvement de jeunesse, mes sœurs et moi sommes arrivées à "Israël Hatseira", mouvement sioniste où nous avons découvert que nos ancêtres n'étaient pas les gaulois, mais Abraham, Isaac et Jacob. Nous avons appris également l'histoire moderne et la géographie d'Israël. 

Ma première rencontre avec le DEJJ.

Ce fut un moment magique ! Une amie de mon école fréquentait régulièrement le DEJJ et une après-midi, après l'école, elle m'a proposé de me joindre à elle pour l'activité du jour. Nous sommes arrivées au 19 boulevard Poissonnière, commencions à monter les escaliers lorsque j'entendis des chants accompagnés de notes de musique. Nous avons continué à gravir les marches, puis nous ne pouvions plus avancer car un groupe de garçons et de filles étaient assis sur les escaliers et chantaient autour d'un jeune homme qui jouait de la guitare. C'était tellement beau ! Il se dégageait une chaleur intense, à l'image de l'amitié qui les unissait. Sans hésiter, nous nous sommes assises avec eux et nous sommes jointes aux chants jusqu'à en perdre la notion du temps. Plus tard, j'ai su que ce jeune guitariste était Avi Toledano, qui faisait ces premiers dans le monde de la musique.

Le DEJJ étant défini comme mouvement communautaire, je n'y ai officiellement pas adhéré car je préférai continuer les actions et activités sionistes d'Israël Hatseira. Ce qui ne m'a pas empêchée de rester très proche de mes amis du DEJJ, avec qui nous avions des rencontres régulières.

Je n'ai pas non plus fréquenté les camps de formation du DEJJ, car étant monitrice dans les colonies et centres aérés municipaux, j'ai été orientée vers les centres de formation du CMEA. 

Le DEJJ s’implante à Puteaux

Tout de suite après la guerre de Kippour, la Sokhnout a organisé un séminaire en Israël pour les responsables de mouvements de jeunesse, afin d'exprimer son inquiétude face à la régression du taux d'Alya, l'assimilation galopante ainsi que la progression de l'antisémitisme dans différentes communautés de France.

Il était évident qu'il fallait agir. De retour en France, j'ai fait part du contenu de ce séminaire à mon ami de Puteaux, Pierre Sebbah qui était actif au REDEF et lui ai proposé de créer une antenne du DEJJ dans notre banlieue afin d'essayer de préserver la jeunesse en voie d'assimilation. Je savais pertinemment qu'un mouvement sioniste n'aurait pas sa place et représenterait une menace pour les parents. D'autant plus qu'en organisant des activités communautaires uniquement, et cela sans parler de sionisme, certains parents m'avaient déjà reproché "d'enjuiver" leurs enfants…

Pierre Sebbah et moi, avons été voir Lynclair (Edgar Guedj) pour lui faire part de nos préoccupations, lui exposer la situation de la jeunesse juive dans notre banlieue, lui demander conseil et envisager la fondation d'une antenne du DEJJ à Puteaux. L'entretien avec Lynclair était impressionnant, sa bienveillance, sa gentillesse, sa réflexion, son analyse, sa clairvoyance… toutes ces qualités étaient pour nous, sources de savoir et d'enchantement.

Finalement Lynclair nous a donné son accord pour édifier une antenne du DEJJ à Puteaux et nous a même assigné des accompagnateurs pour mettre le train en marche : Simon Bokobzazl et Yves Rouas, c'est ainsi que nous avons démarré. La tâche était compliquée car nous n'avions pas de local si ce n'était que la Synagogue. Organiser des activités dans la synagogue causait des difficultés, d'une part parce que les responsables ne voyaient pas d'un bon œil l'invasion de ces petits jeunes (bien que les activités étaient en dehors des heures de prières), et d'autre part, parce que le lieu exigeait un certain maintien qui entravait souvent la spontanéité. Ceci étant, il n'était pas rare que nous décidions de nous réunir dans un café, ou un autre endroit où nous pouvions discuter, organiser des activités et faire passer des messages.

Cependant, nous ressentions une certaine réticence de la part des parents et le mouvement avait du mal à prendre une vitesse de croisière. C'est alors que nous avons décidé, Pierre, Simon, Yves et moi de créer un évènement afin d'attirer les jeunes de la communauté ainsi que leurs familles.

Nous avons organisé une activité artistique, qui se traduisait par un spectacle comprenant chants, danses, pièce de théâtre, collation, tout cela dans une grande salle de la mairie que nous avions obtenue. Simon Bokobzazl et Yves Rouas nous ont accompagnés d'une manière remarquable et très professionnelle, tout cela en faisant face aux contraintes de la réalité, mais sans renoncer à la perfection. Leur approche était emplie de délicatesse, d'attention, de respect et d'affection.

Ce spectacle a été un grand succès qui a donné un nouvel élan qui a attiré beaucoup de jeunes, dont certains sont restés actifs dans la communauté, et d'autres sont montés en Israël. 

Ma véritable intégration dans la famille du DEJJ

Cette intégration s'est réalisée par l'intermédiaire de mon mari ; Serge Bel-Ange de Nice. En l'épousant, j'ai senti que j'épousai également la grande famille de DEJJ de France et de Navarre.

Beaucoup de jeunes qui étaient répartis dans différentes villes de France et qui, pour la plupart, ne se retrouvaient que dans les colos et dans les camps de formation, se sont réunis en Israël, et les autres viennent régulièrement rendre visite aux copains. Chaque rencontre est accompagnée d'une effusion d'amitié, de chaleur, de souvenirs, de blagues, d'éclats de rires, de larmes de bonheur, le tout empreint d'un amour profond et d'énergies hors du commun.

Le DEJJ, l'avenir…

Il est évident que tous ces jeunes qui ont toujours été volontaires et actifs au sein du DEJJ et qui sont montés en Israël, auraient voulu continuer ici à enrichir la société israélienne de leur savoir, leurs connaissances et leur professionnalisme… mais les difficultés d'intégration, y compris la langue, tout cela associé au vécu israélien ne leur ont pas toujours laissé ce loisir.

Bien que rien d'officiel n'ait été créé, il n'empêche que leur apport à la société israélienne est considérable, et cela se traduit tout simplement par l'exemple personnel qu'ils donnent à leur entourage. Ils sont les messagers de valeurs chères : l'amitié, la tolérance, la mixité, le respect, le dévouement, l'acceptation de l'autre en dépit des divergences, le volontariat et le partage.

Les amis du DEJJ ont le don de se réunir autour d'un dénominateur commun : l'amitié. Ils se retrouvent et entament à l'unisson des chants accompagnés d'une guitare, sur une pelouse, en bord de mer et parfois autour d'un feu de bois… Ils sont tous là : religieux, laïques, traditionnalistes, Ashkénazes, Sépharades, filles, garçons, jeunes et moins jeunes, quelle que soit leur tendance politique : de droite, de gauche, du centre… leur dénominateur commun est le respect de l'autre et l'amour profond qui les unis. 

C'est ce dont notre peuple a besoin aujourd'hui, et cela plus que jamais. Ce sont ces valeurs et messages essentiels que les anciens du DEJJ ne cessent de transmettre aujourd'hui, à leurs enfants, à leur entourage et à la société israélienne.  

Merci le DEJJ, merci à tous ces géants qui ont œuvré sans relâche et que je ne citerai pas de crainte d'en oublier ... 

Nous, ainsi que les générations à venir, continueront à nous unir autour de ce même chant, avec la même fidélité, les mêmes valeurs et la même ferveur :

Am Israël, Torat Israël, Eretz Israël…""

 

Bella BEL-ANGE née GHOUZI

DEJJ Puteaux

Jérusalem - Octobre 2025

 

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