LE DEJJ À PAU ET À BAYONNE
Jean Michel SOULEM
Je m'appelle Jean Michel SOULEM.
Je suis né en Algérie en 1956, dans la ville de Blida.
Nous avons été rapatriés en France en 1962 après l'indépendance de l'Algérie.
Nous avons atterri à Pau, dans les Pyrénées Atlantiques, appelées autrefois Basses Pyrénées, car la famille de mon père y résidait déjà.
Notre famille sera malheureusement vite décimée.
Ma grand-mère maternelle décèdera en 1965.
Ma tante, la sœur de ma mère, en 1971.
Mon père en 1973.
Après mon Bac, obtenu en 1973, je me suis inscrit en fac de Droit, toujours à Pau.
Ce sera à cette époque que j'aurai un choc violent, en voyant à la télévision une carte d'Israël avec 2 grandes flèches.
L'une, venant du Nord vers Israël, l'autre du Sud, toujours dans le même sens.
C'était la guerre de Kippour et nous étions donc attaqués des 2 cotés.
À partir de là, le sionisme qui sommeillait en moi se réveillera brutalement.
Je n'aurai alors qu'un seul but...partir en ארץ ישראל, Eretz Israël.
Mais la vie emprunte souvent des chemins tracés par Hachem qu'il est difficile de ne pas suivre.
Dès lors, je vais me mettre à fréquenter assidûment la synagogue et dans la foulée... le DEJJ naissant à Pau.
Je deviendrai assez rapidement cadre en compagnie de Gilbert DANAN, le " boss ".
Lui aussi était en fac de Droit et cela facilitera nos échanges.
Notre action va vite s'amplifier et nous multiplierons activités et évènements.
Notre groupe s'étoffera vite et nous aurons un local en centre-ville, avant d'intégrer le Centre Communautaire, édifié plus tard, mitoyen de la synagogue.
Nous éditerons un journal, « DEJJ INFO » puis « SHALOM », qui fera le lien entre les membres de la communauté.
Ce sont les commerçants juifs de la ville qui financeront sa fabrication.
Nous nous développerons par la suite en implantant le mouvement à Bayonne, toujours dans les Pyrénées Atlantiques.
Nous aurons aussi régulièrement des contacts avec Toulouse.
C'est à l'occasion d'une fête de Pourim organisée à Pau, avec les Bayonnais, par le DEJJ, que je ferai la connaissance de celle qui deviendra ma femme, Annik née Trefousse , et qui l'est toujours à l'heure actuelle.
Nous étions alors le 13 Mars 1977, date à jamais gravée dans ma mémoire.
Par la suite, le temps fera son œuvre et chacun suivra son chemin.
Je me marierai en 1980 puis partirai à Dax, dans les Landes, pour exercer le métier d'avocat.
Le mouvement s'éteindra tout naturellement avec le départ de ses membres.
Aucune continuité ne sera réalisée...autres temps...autres mœurs.
Le DEJJ a été pour moi une fabuleuse et extraordinaire expérience et j'en garde un souvenir particulièrement émouvant.
Il sera source de nombreux mariages parmi les jeunes de la Communauté.
Je suis fier d'avoir contribué, à mon modeste niveau, à l'animation communautaire, à une époque où Pau était très isolé, comme d'ailleurs toutes les Communautés du Sud-Ouest, sur le plan du judaïsme et des mouvements de jeunesse.
Il a été un lien très fort entre les jeunes, leur permettant de s'épanouir et de se sentir...juif.
Il sera en outre un véritable catalyseur de mon sionisme me poussant, au fil des ans et des vicissitudes de la vie, à garder un lien très fort avec Erets...où je vis enfin, à Ashdod, depuis mon alya, le 28 juillet 2018 et ce, malgré les contraintes familiales ayant égrené ma vie.
Je joins quelques photos, activités, carte de membre dirigeant, ainsi que des exemplaires du journal.
Jean Michel SOULEM
DEJJ PAU - ASHDOD
Novembre 2025