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LE DEJJ À BELLEVILLE : UNE DEUXIÈME MAISON POUR LA JEUNESSE JUIVE TUNISIENNE Par Paul Sayada — La Saga
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LE DEJJ À BELLEVILLE : UNE DEUXIÈME MAISON POUR LA JEUNESSE JUIVE TUNISIENNE Par Paul Sayada

👤 Simon BUSBIB 📍 Paris 🏷️ Autres 🎗️ Pionniers 📅 1964

LE DEJJ À BELLEVILLE :

UNE DEUXIÈME MAISON POUR LA JEUNESSE JUIVE TUNISIENNE

Par Paul Sayada

Quand je repense aujourd’hui à mon parcours au DEJJ, je me rends compte à quel point ce mouvement a marqué ma vie. Comme beaucoup d’entre nous, je ne l’ai jamais vraiment quitté. Les années passent, mais le souvenir reste intact, et je ressens toujours la même reconnaissance envers celles et ceux qui nous ont accompagnés.
Pour comprendre ce que le DEJJ a représenté pour nous, il faut revenir au début des années 1960.
À cette époque, des milliers de Juifs arrivent d’Afrique du Nord. Parmi eux, de nombreuses familles venues de Tunisie s’installent à Paris, dans le quartier populaire de Belleville.
Le quartier est dense, animé, parfois rude. Les immeubles sont anciens, souvent vétustes, et les appartements manquent de confort. Les familles sont nombreuses et les logements exigus. Les enfants passent donc la plupart de leur temps dehors, dans les rues du quartier.
Mais Belleville possède aussi une âme particulière.
Les Juifs tunisiens y recréent peu à peu l’atmosphère de leur pays d’origine. Dans les rues, on entend les musiques arabes. Les odeurs de cuisine rappellent celles de Tunis. Les conversations s’animent aux terrasses des cafés. On parle fort, on rit, on discute, comme dans un quartier de la médina.
C’est un petit morceau de Tunisie installé au cœur de Paris.
Nous sommes alors en 1964.
Mais derrière cette vie intense, une inquiétude apparaît peu à peu. Beaucoup de jeunes grandissent dans la rue, livrés à eux-mêmes. Les familles font ce qu’elles peuvent, mais les conditions de vie sont difficiles.
Très vite, une question se pose : comment éviter que ces jeunes ne s’égarent, ne tombent dans de mauvaises fréquentations ou ne glissent vers la délinquance ?
Le DEJJ décide alors d’agir.
Fidèle à sa vocation socio-éducative et profondément inscrit dans le mouvement d’Éducation populaire, très actif en France à cette époque, le mouvement met en place plusieurs initiatives destinées à encadrer et accompagner les jeunes.
L’une des premières réponses vient des colonies de vacances.
À partir de la fin des années 1960, les jeunes de Belleville commencent à partir dans les centres du DEJJ. Les inscriptions sont si nombreuses que l’organisation devient presque improvisée.
Faute de locaux, les dossiers sont remplis dans un café de la rue Ramponneau, en plein cœur du quartier que l’on appelait « le Rocher ». Le propriétaire met généreusement son arrière-salle à disposition pour accueillir les familles et enregistrer les inscriptions.
Pour beaucoup d’entre elles, ces vacances seraient impossibles sans aide. Les moyens financiers manquent souvent.
Mais les dirigeants communautaires ont lancé ce qu’ils appellent un véritable « plan Marshall » social afin de soutenir les familles nouvellement arrivées. Grâce à ce soutien, le DEJJ peut accueillir un grand nombre d’enfants, parfois gratuitement.
Les séjours se déroulent dans différents centres : Levens, Villefranche-du-Queyran, Vaudune, Sainte-Bazeille, Layrac…
Pour beaucoup d’entre nous, c’est une découverte.
La téfila le matin, les repas en commun, les chants en ivrit, la découverte du Chabbat, les journées à thème, les grandes veillées autour du feu de camp… Autant de moments forts qui nous ouvrent à une vie collective et à une expérience juive que beaucoup ne connaissaient pas jusque-là.
Mais l’action du DEJJ ne s’arrête pas aux vacances.
Très vite, une nouvelle idée s’impose : créer un lieu permanent pour les jeunes du quartier.
C’est ainsi qu’ouvre le foyer des jeunes de Belleville.
Ce lieu devient rapidement un repère essentiel. Après l’école, nous nous y retrouvions presque tous. Un goûter nous attendait, puis nous sortions nos cahiers pour faire nos devoirs ensemble.
Pour beaucoup d’entre nous, cette aide était précieuse. Les familles vivaient souvent nombreuses dans des appartements de deux ou trois pièces, où il était difficile de trouver un endroit calme pour travailler.
Le foyer prenait alors le relais.
Mais ce lieu n’était pas seulement un espace de travail scolaire. C’était aussi un lieu d’apprentissage de la vie collective.
On y apprenait à s’écouter, à s’exprimer, à se respecter. On chantait, on dansait, on participait à des ateliers : danses folkloriques, expression corporelle, chorale…
Les dimanches étaient consacrés aux activités.
Peu à peu, le foyer devenait pour nous un espace unique. Un lieu où l’on se sentait accueilli, reconnu, encouragé.
En vérité, c’était bien plus qu’un foyer.
C’était notre deuxième maison.
Ce lieu avait été créé et animé par deux responsables remarquables : Catherine Schulmann, assistante sociale de formation, et Dollar Uzan.
Avec une équipe de bénévoles engagés, ils consacraient toute leur énergie à faire vivre cet espace. Leur engagement permettait à de nombreux jeunes de trouver des repères et d’imaginer un avenir différent.
Pour le DEJJ, le foyer de Belleville devint rapidement un véritable laboratoire de l’Éducation populaire.
C’est là que beaucoup d’entre nous ont appris à prendre des responsabilités et à construire leur parcours.
Je voudrais également rendre hommage à Simon Bokobza ז״ל, qui succéda à la première équipe à la direction du foyer.
C’est lui qui a su voir en moi un potentiel que je ne percevais pas encore. Par ses conseils et sa confiance, il m’encouragea à rejoindre le mouvement des Pionniers et à intégrer la Base d’Entraînement, un groupe destiné à former les futurs cadres du mouvement.
Ce fut pour moi un tournant.
Grâce à cette formation, j’ai rencontré des personnes extraordinaires par leur gentillesse, leur dévouement et leur sens de la transmission.
Je pense notamment à Norbert Dana ז״ל, et bien sûr à celui qui fut pour beaucoup d’entre nous une figure marquante : Bélier.
Au fil des années, j’ai pu assumer différentes responsabilités au sein du mouvement, jusqu’à en assurer la présidence.
Quand je repense aujourd’hui à cette époque, je mesure combien le foyer du DEJJ fut une aventure humaine exceptionnelle.
Pour beaucoup de jeunes de ce quartier populaire, il a représenté une chance immense : celle de rencontrer des éducateurs engagés, capables de transmettre des valeurs, d’ouvrir des horizons et d’aider chacun à trouver sa voie. 

Paul SAYADA

DEJJ Paris

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